17.01.2008

introduction à la fractalité

Introduction à la fractalité


« Pour mieux comprendre le monde, il faut regarder sa rugosité en face » B. Mandelbrot.


Historique

Benoît Mandelbrot fut le premier à déceler tout la richesse de l’outil fractal ; en 1961 il publie ses premières recherches sur ce concept novateur et ouvre ainsi la voie à une nouvelle vision de la nature. Dès lors, de nouvelles possibilités s’offrent pour tenter de décrypter la géométrie secrète du monde. Il lui faudra néanmoins encore 40 ans d’un travail acharné pour s’affirmer contre le scepticisme ambiant.


Génération fractale

Suivis par quelques mathématiciens (J.P. Kahane, B. Sapoval, M. Dekking) il y a une vingtaine d’années, les travaux de Benoît Mandelbrot font aujourd’hui de nombreux émules ; les fractales sont maintenant appliquées dans des domaines de plus en plus diversifiés : astrophysique, acoustique, physique, chimie, astronomie, géophysique, finances, physiologie, informatique, ingénierie… Elles sont en train de devenir indispensables à la compréhension de notre monde.

Rappel de définition

Un objet est dit fractal si ses parties contiennent le tout, autrement dit, si à différentes échelles on retrouve le motif de départ.

On parle de multi fractalité si l’image varie selon l’échelle considérée.

Les fractales sont des mesures qui permettent de calculer la surface ou le volume d’un objet complexe, voire d’un système dynamique.

La côte bretonne, l’écorce d’un arbre, la peau, ou encore les fluctuations boursières, la répartition des richesses et des ressources, la circulation routière : rien de lisse, rien de prévisible. La géométrie fractale est une branche des mathématiques conçue pour l’analyse, la compréhension et le calcul de ce genre d’information.

Or, l’analyse classique s’est toujours efforcée de dessiner un monde lisse, calme, aux contours précis : un monde parfait, un monde purement abstrait.
L’analyse fractale permet au contraire de rendre compte d’un monde plus « rugueux », chaotique, flou, fracturé, plus proche de la réalité.


Vers une approche artistique de la fractalité

Mon travail en peinture s’appuie sur l’étude des propriétés physiques liés au fluides : j’y intègre donc nécessairement les notions de hasard et de fractalité, d’imprévisibilité de la matière. En recherche d’une technique qui puisse recréer les processus formateurs de la nature, je pense m’apparenter davantage à l’alchimie qu’à la peinture académique.
M’inscrivant dans la perspective ouverte par les fractales, je tente d’étayer cette nouvelle vision de la nature d’un point de vue artistique.

introduction à l'art

Introduction à l’art

Il faut distinguer deux moments essentiels : la création et la contemplation de l’œuvre d’art.

Définition

L’art désigne toute production de la beauté par les œuvres d’un être conscient.

Art : en général, ensemble de procédés servant à produire un certain résultat :
-l’art s’oppose à la science, conçue comme pure connaissance indépendante des applications.
-l’art s’oppose à la nature, conçue comme puissance produisant sans réflexion.

Longtemps le mot « art » renvoyait indifféremment aux activités du technicien (l’artisan), du savant et de l’artiste. Au moyen âge l’artiste et l’artisan sont confondus. Ce n’est qu’à partir du 17è siècle que les beaux-arts se distinguent des techniques vulgaires. Les beaux-arts s’opposent désormais aux techniques utilitaires. C’est là un point où science et art peuvent se rapprocher. La science vise le vrai, l’art le beau en dehors de toute préoccupation directement utilitaire. L’art et la science cherchent à nous révéler un monde caché sous les apparences :

-la science cherche la structure intelligible au-delà de l’apparence sensible.
-l’art semble s’intéresser aux apparences fugitives, mais c’est pour en fixer ce qui mérite d’être éternisé, c’est pour en révéler les harmonies secrètes.

L’artiste et le savant ne copient pas le monde, ils le récréent.

Mais les arts relèvent de la finalité esthétique, les sciences de la finalité logique.
L’artiste est subjectif et le savant objectif. L’art est concret et la science abstraite dans le sens où elle résout une unité apparente en éléments abstraits.

Il y a LA science mais LES artistes. La science est une œuvre collective dont les résultats s’additionnent. Si Newton ne nous avait révéler les lois de l’attraction universelle quelqu’un d’autre l’aurait fait mais si Léonard de Vinci n’avait pas peint la Joconde, personne ne l’aurait peint à sa place
.
La science est un devenir, l’art est un perpétuel recommencement.

L’attitude du savant est analytique, il explique le complexe par le simple.
La visée de l’artiste est synthétique, il amène à la pleine clarté cette finalité qui organise le chaos des apparences ; en donnant aux choses une signification, il crée de la matière spirituelle.

La science sait désagréger l’atome, faire sauter la planète mais pas encore animer une cellule, elle est plus forte pour détruire que pour créer.
L’art au contraire, en recréant un monde pour notre joie, est peut être plus fidèle à l’élan secret de l’univers, à sa vivante unité.
L’artiste voit la nature non pas comme elle est mais comme il est. Comme disait Verlaine, « l’art c’est être absolument soi même ».

L’artifex, c’est l’homme incarnant une idée, fabriquant un être que ne fournit pas la nature, un artefact. Mais ou bien cette création est subordonnée à nos fins pratiques ; ou bien elle nous subordonne à des fins idéales et satisfait, si l’on peut dire, des besoins non utilitaires : d’où par hybridation de ces caractères primitifs de l’art, l’aspect magique, superstitieux, idolâtrique qu’il a pris aux débuts mêmes de l’humanité ; d’où le dévouement, la dévotion de l’artiste à son œuvre ; d’où le culte mystique de l’art chez les plus civilisés.
La classification des arts

La classification traditionnelle oppose les arts plastiques (architecture, peinture sculpture) qui occupe l’espace et les arts rythmiques (danse, musique, poésie) rattachés à la notion de temps. Mais cette classification semble erronée et il existe d’autres formes de classification ; en fonction des sens (tactilo-musculaire, la vue, l’ouie, synthèse visuelle et auditive), pour Alain, les arts de société et les arts solitaires, pour Souriau une classification à deux principes (d’abord distinction des lignes, volumes, couleurs, luminosité, mouvements, sons articulés et sons musicaux puis distinction entre les arts du premier degré (non représentatif) et les arts du second degré (représentatif)).

L’esthétique, le beau

L’esthétique, du grec aisthésis, sensation, sentiment. Le terme apparaît au 18è siècle.
Le sens actuel de l’esthétique, c’est la réflexion philosophique sur le sentiment du beau, sur le goût et sur l’art en général

Chez Kant l’esthétique est la philosophie de la sensation et de ses « formes a priori », l’espace et le temps. Pour lui, le beau est l’accord de l’imagination et de l’entendement alors que le sublime provient de leur antagonisme. Le sentiment du beau porte sur un objet limité ; le sentiment du sublime sur un objet illimité. Les deux aspects du sublime sont pour Kant le ciel étoilé au dessus de lui et la loi morale en lui.
Pour Hegel, le beau résulte de l’accord entre l’idée et les signes qui le manifestent, alors que le sublime résulte de leur disproportion.
Pour Guyau, le beau est une perception ou une action qui stimule en nous la vie sous ses trois formes, sensibilité, intelligence, volonté, et produit le plaisir par la conscience rapide de cette stimulation générale.

Selon Platon, l’art n’est pas une illusion parce qu’il est une allusion. La beauté sensible, dans la théorie platonicienne, est un reflet de l’idée et l’artiste est comme le messager d’un monde réel caché sous les apparences. Pour comprendre ceci il faut rappeler la métaphysique platonicienne de la chute. L’âme avant son incarnation vivait parmi les idées pures , illuminée par la vérité de l’Être. Depuis qu’elle est tombée dans le corps, qui est pour elle une prison (sôma, sêma), sa vision s’est obscurcie. L’expérience esthétique apparaît alors comme la démarche la plus accessible de l’âme qui s’efforce de reconquérir le monde des idées. Le beau signifie alors autre chose que son apparence, il signifie l’Idée. Il en est de toutes les formes d’art comme du mythe : l’art est l’expression , sous le déguisement du concret et du sensible de l’idée pure.
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Incontestablement la beauté d’une œuvre n’est pas relative à un sentiment subjectif ou collectif. Elle prétend avoir une valeur universelle. Il s’agit d’une universalité de droit, non de fait qui n’est nullement démentie par cet accident qu’il y a des œuvres incomprises. Beaucoup de gens ne comprennent rien aux mathématiques et pourtant elles sont vraies et universelles. L’universalité du beau se reconnaît à ceci que l’œuvre vraiment belle continue à trouver des admirateurs dans le public éclairé, même lorsque les conditions psychologiques et sociales de son éclosion sont dépassées.

On ne doit pas juger la valeur esthétique d’une œuvre sur sa vérité philosophique ou ses intentions morales. L’artiste n’est pas un messager. Sans exclure systématiquement l’art engagé (qui, par ailleurs, peut être réellement esthétique), ce n’est pas « l’engagement » d’une œuvre qui constitue sa valeur proprement artistique.





La création artistique

Création signifie joie, pour Bergson, « plus riche est la création plus profonde est la joie ».

La première règle qui régit l’art, surtout picturale, fut d’imiter la nature. Le premier critère fut celui de la ressemblance, mais finalement les œuvres d’art séduisent moins par leur conformité au réel que par la stylisation qu’elles lui imposent. L’art n’est pas une imitation de la nature. L’art sous tous ses aspects, est donc une transposition et non pas un reflet du réel. Il est la promotion, l’instauration d’un autre monde, « l’étonnante alchimie par laquelle les formes deviennent style » selon Malraux. La beauté d’une œuvre d’art n’est pas la reproduction d’une valeur impliquée dans la nature mais la création d’une valeur de beauté spécifique et originale.

La création d’une œuvre d’art de valeur exige autre chose que l’application de recettes.

Dans la création artistique il y a le rôle de l’inspiration, celui de l’émotion et enfin celui de l’imagination.

Certains pensent que la création artistique ne dépend que de l’inspiration, d’autres pensent que seul le travail permet de créer, d’autres enfin pensent que la création résulte d’un mélange d’inspiration et de travail.

Pour Malraux l’art relève moins de l’émotion que de la volonté, ceci l’amène par exemple à nier la valeur des dessins d’enfants car dit il : « l’enfant n’est pas un artiste car son talent le possède, et lui ne le possède pas ».

Il y a différents types d’imagination :

-l’imagination constructive basée sur des données concrètes pour aboutir à des types universels.
-l’imagination émotive et anesthésique basée sur le rythme de l’artiste.
-l’imagination analytique et intuitive basée sur l’observation de conduite individuelle.

Nietzsche disait : « en réalité, l’imagination du bon artiste produit constamment du bon, du médiocre et du mauvais. Mais son jugement extrêmement aiguisé choisit, rejette, combine ».

La création artistique est donc un phénomène complexe et même parfois contradictoire.
Il existe différents facteurs de création :

3 facteurs généraux :
-l’originalité.
-la spontanéité.
-la productivité.

3 conditions siné qua non :
-l’intérêt attaché.
-l’imagination créatrice.
-la secondarité (le retentissement durable et ordonné de toute expérience).

3 formes de production :
-l’actualisation brusque et soudaine.
-la rumination consciente ou semi consciente..
-le raisonnement ou travail conscient.

Alain explique : « la loi suprême de l’invention humaine c’est qu’on invente rien qu’en travaillant ».
Approche psychologique et sociale de la création artistique

Les pulsions qui s’esthétisent en images sont celles qui, refoulées, n’ont pu se traduire en actes. La création est une transposition des passions sur un plan supérieur, une sublimation. Comme l’a bien vu Malraux, le style imprime la marque de l’homme libre sur la vie qui d’abord l’écrase et chaque œuvre d’art témoigne d’une servitude domptée : « L’art est un anti-destin ».

Selon M.Parodi, l’activité esthétique serait apparentée à l’idée de jeu, et s’opposerait à l’activité utilitaire et intéressée. Mais dire que l’art est un jeu ne signifie pas qu’il soit futile, il répond à une espèce de nécessité. L’art est un jeu, mais un jeu où résultent des œuvres, et, de ce fait, il est très différent du jeu des enfants. L’art n’est pas un jeu pour tout le monde : pour le spectateur sans doute, mais pas pour l’acteur qui gagne sa vie.
Notons aussi que dans les états tyranniques où la liberté est bannie, l’art redevient aussitôt un service social ou une fonction politique.


La contemplation esthétique

L’art a pour fonction de provoquer en nous des émotions, de nous toucher. L’émotion esthétique est rendue possible par un double mouvement : celui de l’attention qui concentre, celui de l’imagination qui disperse, relâche et détend.

Les œuvres d’art nous apprennent à goûter certaines réalités de la nature auxquelles nous serions restés indifférents.

La contemplation esthétique, c’est l’invasion d’une réalité obsédante et exclusive, c’est la présence en soi d’une valeur de beauté qui éclipse tout le reste.

Les arts « d’assouvissement » (genre roman à l’eau de rose, photo érotique) disait Malraux sont des « anti-arts ». La valeur esthétique d’une œuvre n’a guère de rapports avec son succès auprès du grand public.

La nature morte qui donne envie de manger, le nu qui réveille le désir sexuel perdent pour Kant leur qualité d’œuvre d’art. Les œuvres d’art, objets d’une contemplation désintéressée, nous délivrent de nous même, de la tyrannie de nos désirs

Introduction sur le hasard

Introduction sur le hasard

~hasard, du mot arabe azzar, jeu de dés 1er sens en français, au 16è siècle hasard prend le sens d'élément fortuit.
~aléatoire, du latin aléatorius qui concerne le jeu, d'aléa jeu de dés au 16è aléatoire signifie soumis au hasard puis au 19 è il prend le sens d'incertain, au 20è il apparaît en math avec la formalisation du calcul de probabilités (variable aléatoire).

Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité (Démocrite).

Le hasard, ou contingence, incertitude, aléatoire, s’oppose au déterminisme, à la prédictibilité.
On peut répertorier plusieurs types de hasard :

~l’aléatoire du jeu de dés du à l’imprévisibilité, mais dont les contraintes peuvent ou pourront être maîtrisées.

~la coïncidence absolue chère à Cournot, coïncidence de 2 chaînes causales différentes, c’est l’exemple de la tuile qui tombe sur la tête du passant (d’autres tel que Jung la rattache à l’inconscient, c’est la notion de synchronicité)

~le hasard quantique (le principe d’incertitude d’Heisenberg) du à l’imprévisibilité du monde microscopique, dont les paramètres sont si nombreux qu’ils ne seront jamais maîtrisables, ce sont donc tous les systèmes dynamiques qui évoluent dans le temps, cela rejoint la théorie du chaos et les dépendances sensitives aux conditions initiales.

Disons qu’il existe ;

~un pseudo hasard subjectif lié aux limites de la connaissance humaine qui rejoint les notions philosophiques de libre arbitre, de finalisme, de nature projective bref de la relation de l’homme à la matière. De toute façon si la nature est projective rien ne dit que l’être humain en soit la finalité.

~un vrai hasard objectif celui de la physique quantique, de la biologie moléculaire qui opère dans la nature au niveau de l’infiniment petit qui s’oppose au déterminisme de Newton (mais il n'y a pas incompatibilité logique entre déterminisme et hasard puisque l'état d'1 système à l'instant initial, au lieu d'être fixé de manière précise, peut être distribué selon une loi de hasard).

Le seul à priori de la science est le postulat d’une nature objective. Il est à jamais indémontrable, aucune expérience ne peut prouver la non existence d’un projet dans la nature. La stratégie fondamentale de la science dans l’analyse des phénomènes est la découverte des invariants. De la théorie cellulaire à la physique quantique se révèle la rigoureuse unité à l’échelle microscopique, du monde vivant tout entier et dans cette diversité infinie des phénomènes singuliers, la science ne peut chercher que les invariants.

Le chaos classique, l’incertitude quantique, le théorème d’incomplétude introduisent du hasard dans l’univers. L’exploitation scientifique du hasard a commencé avec Blaise Pascal, Pierre Fermat, Christian Huygens et Jacques Bernoulli par l’analyse des jeux dits de hasard qui donna lieu aux calculs des probabilités. Le passage de l’incertitude à la quasi certitude, qui se produit si l’on observe de longues séries d’évènements ou de grands systèmes, est un thème essentiel dans l’étude du hasard. Au début du vingtième siècle, Ludwig Boltzmann et J Williard Gibbs parlent de hasard domestiqué et rendu indispensable à la compréhension de la matière, le chaos moléculaire, c’est beaucoup de hasard dans un tout petit volume.

La biologie moderne reconnaît que toutes les propriétés des êtres vivants reposent sur un mécanisme fondamental de conservation moléculaire : l’évolution n’est nullement une propriété des êtres vivants puisqu’elle a sa racine dans les imperfections mêmes du mécanisme conservateur, qui lui, constitue bien leur unique privilège. L’événement microscopique, l’accident singulier, une fois inscrit dans l’ADN est multiplié par milliards. Tiré du pur hasard, il entre dans celui de la nécessité, des certitudes implacables, car c’est à l’échelle macroscopique, celle de l’organisme qu’opère la sélection. Elle opère en effet sur les produits du hasard, et ne peut s’alimenter ailleurs ; mais elle opère dans un domaine d’exigences rigoureuses dont le hasard est banni. C’est de ces exigences, et non du hasard, que l’évolution a tiré, ses orientations généralement ascendantes, ses conquêtes successives, l’épanouissement ordonné dont elle semble donner l’image. Les seules mutations acceptables sont celles, qui ne réduisent pas la cohérence de l’appareil téléonomique, qui renforcent l’orientation déjà adoptée et plus rarement qui enrichissent de possibilités nouvelles. Le niveau téléonomique d’une espèce donnée correspond à la quantité d’information qui doit être transférée, en moyenne par individu, pour assurer la transmission, à la génération suivante, du contenu spécifique de l’invariance reproductive de l’espèce, c’est à dire son patrimoine génétique.

La physique considèrent les altérations du texte génétique (inversion, répétition, translocation ou fusion de segments de la séquence d’ADN) comme accidentelles, dues au hasard. Elles sont la seule source possible de modifications du texte génétique, seul dépositaire à son tour des structures héréditaires de l’organisme. Il s’ensuit donc que le hasard seul est à la source de toute nouveauté, de toute la création de la biosphère. Le hasard pur, le seul hasard, liberté absolue mais aveugle, à la racine même du prodigieux édifice de l’évolution. C’est la seule hypothèse concevable et compatible avec les faits d’observations et d’expériences.

Une illustration de l’inépuisable richesse de la source du hasard est le système de défense de l’organisme : L’organisme est capable de former des anticorps adaptés à pratiquement n’importe quel motif stérique naturel ou synthétique. Il est établi aujourd’hui que la structure de l’anticorps ne doit rien à l’antigène. Il existe des cellules spécialisées qui fonctionnent à la manière d’une roulette génétique ultra rapide sur des segments de la structure des anticorps. A la base d’un des phénomènes d’adaptation moléculaire les plus précis que l’on connaisse on trouve une source « au hasard ». Il est clair que seule une source « au hasard » pouvait offrir à l’organisme des moyens de défense « tous azimuts ».

Dans les années cinquante les scientifiques pensaient que « l’ultima ratio » de toutes les structures et performances téléonomiques des êtres vivants était enfermé dans les séquences de radicaux des fibres polypeptidiques (protéines globulaires), En un sens très réel, c’est à ce niveau d’organisation chimique que gît, s’il y en a un, le secret de la vie. Et saurait on seulement décrire ces séquences, mais aussi énoncer la loi d’assemblage à laquelle elles obéissent, on pourrait dire que le secret est percé, « l’ultima ratio » découverte. On connaît aujourd’hui des centaines de séquences, correspondant à des protéines variées, extraites des organismes les plus divers. De ces séquences, et de leurs comparaisons systématiques aidées des moyens modernes d’analyse et de calcul, on peut aujourd’hui déduire une loi générale : c’est celle du hasard ! Pour être plus précis, ces structures sont au hasard en ce sens que connaissant exactement l’ordre de cent quatre vingt dix neuf résidus dans une protéines qui en compte deux cents, il est impossible de formuler aucune règle, théorique ou empirique, qui permettrait de prévoir la nature du seul résidu non encore identifié par l’analyse. Dire qu’une séquence d’aminoacides est au hasard ne revient nullement à un aveu d’ignorance, c’est une constatation, un fait.


En fait une des clés de la vie c’est le temps, c’est lui qui permet à la nature de tout essayer au hasard (mais un hasard qui obéit à des lois physiques strictes), c’est la sélection naturelle qui choisit et l’invariance reproductive qui fabrique.


Pourtant, derrière tous les écoulements turbulents et tous les mouvements hasardeux des fluides, une sorte de contrainte se fait sentir. Le désordre semble canalisé à l’intérieur de motifs construits sur un même modèle sous jacent (attracteur étrange). Les constantes fondamentales, il en existe moins de quinze, ainsi que les conditions initiales de la création de l’univers, semblent avoir été réglées avec une précision vertigineuse. La probabilité mathématique pour que l’univers ait été engendré par hasard est pratiquement nulle. L’univers semblerait ne pas contenir de hasard mais divers degrés d’ordre suivant une certaine hiérarchie.

La physique quantique abolit la distinction entre champ et particule, entre matière et au-delà. Une particule n’existe pas par elle même, mais uniquement à travers les effets qu’elle engendre nommés champ. La réalité essentielle, fondamentale est un ensemble de champs qui interagissent en permanence entre eux. Les objets qui nous entourent sont des ensembles de champs (champ électromagnétique, champ de gravitation, champ protonique, champ électronique) et au sens strict un champ n’a pas de substance autre que vibratoire. Tout ce que nous croyons sur l’espace et le temps, tout ce que nous imaginons à propos de la localité des objets et de la causalité des évènements, ce que nous pouvons penser du caractère séparable des choses existant dans l’univers, tout cela n’est qu’une immense et perpétuelle hallucination. Le réel est sous tendu par des champs donc, au premier rang desquels nous rencontrons un champ primordial, caractérisé par un état de supra symétrie, un état d’ordre et de perfection absolus.

L’expérience du pendule de Foucault en 1851 nous apprend que le comportement du pendule est déterminé par l’univers dans son ensemble et non pas seulement par les objets célestes qui sont à proximité de la terre. Il existe une interaction mystérieuse entre tous les atomes de l’univers sans aucun échange d’énergie ni aucune force, mais qui connecte cependant l’univers en une seule totalité. Teilhard de Chardin expliquait : « en chaque particule, atome, molécule, cellule de matière, vivent cachées et oeuvrent à l’insu de tous, l’omniscience de l’éternel et l’omnipotence de l’infini

E Schrödinger tenta de montrer les limites des idées probabilistes avec son paradoxe du chat à moitié mort et à moitié vivant.

Pour remédier au paradoxe de Schrödinger, un autre physicien H Everett élabora la théorie des univers parallèles où nous aurions donc des divisions d’univers à chaque saut quantique. Théorie peut recevable puisqu’il y aurait une infinité d’univers, lequel serait l’original ? L’interprétation de Copenhague apporte une variante à la théorie des univers parallèles, ceux ci ne seraient que potentiel, ce serait donc l’acte d’observation et la prise de conscience qui infléchiraient et détermineraient la réalité. Ce serait donc la souveraineté de l’esprit sur la matière.

Si l’on admet que c’est l’observation qui fait s’effondrer tous les univers possibles en un monde unique : Qui observe ? Cet observateur à la fois unique et transcendant est indispensable à l’existence et à l’accomplissement de notre univers.

La physique quantique qui naquit en 1927 au congrès de Copenhague pourrait bouleverser la philosophie, il s’agit de faire une synthèse entre spiritualisme et matérialisme, tenter de concilier réalisme et idéalisme, c’est la notion de « métaréalisme » développée par Jean Guitton et les frères Bogdanov (2).

Le spiritualisme qui s’oppose au matérialisme est une doctrine sur l’être qui nie une origine matérielle à l’esprit humain. Pour les spiritualistes la pensée est une donnée antérieure à la matière. Pour les matérialistes, la réalité a une dimension strictement mécanique, l’esprit n’a aucune existence indépendante, aucun rôle.

L’idéalisme qui s’oppose au réalisme est une théorie de la connaissance. Pour les idéalistes le réel est inaccessible, on ne sait même pas s’il existe, seules existent les perceptions que nous en avons. Pour les réalistes le monde a une réalité objective, indépendante de l’observateur et nous le voyons tel qu’il est.

La théologie pourrait également se remettre en cause, il serait temps de tenter d’unifier la foi et le savoir. La science pourrait elle nous conduire à Dieu?








Le hasard joue un rôle central dans la compréhension de la nature des choses, le chaos limite le contrôle intellectuel que nous avons de ce monde. L’évaluation correcte du hasard et de la prédictibilité sont important dans la vie.
L’homme a le sentiment d’être libre et de tout maîtriser, il cherche à s’expliquer le monde et sa présence. L’homme se veut nécessaire, inévitable, ordonné de tout temps. Il veut abolir le hasard. Toutes les religions, beaucoup de philosophies, même une partie de la science témoignent de l’inlassable, héroïque effort de l’humanité niant désespérément sa propre contingence.

Quelle quantité de hasard l’homme est il prêt à supporter ? Il est temps de comprendre que l’on ne peut pas tout maîtriser, il faut savoir lâcher prise, flâner tout en étant attentif et croire en le hasard positif.



Cette notion de hasard, qui en philosophie se développe autour du thème du bonheur, du libre arbitre de l’homme et de l’existence d’une entité organisatrice que les théologiens appelle Dieu, qui s’exprime dans la théorie du chaos pour les physiciens, se retrouve aussi dans la théorie de la complexité chez les anthropologues, sociologues et psychologues (l’école de Palo Alto avec P Watzlawick, l’école anglaise avec le principe de L Peter, la loi de EC Parkinson, l’école d’autosuggestion de E Coué, la théorie sur la prophétie d’Œdipe de K Popper, le modèle comportemental de collusion, les conduites d’évitement).

- Cette théorie de la complexité s’appuie sur la théorie des jeux. Il existe 2 catégories de jeux :
- Ceux dont la somme gain-perte est égale à zéro : ce que l’un perd, l’autre le gagne.
- Ceux dont la somme gain-perte est inférieure ou supérieure à zéro : tout le monde perd ou gagne

Les associations humaines ne sont pas des jeux à somme zéro, les 2 partenaires peuvent perdre (lors d’une grève), mais les 2 peuvent aussi gagner si aucun d’eux n’est obsédé par l’idée qu’il faut vaincre l’autre pour ne pas perdre soi même.

L’homme comme l’animal à tendance à considérer une solution comme définitive, valide à tout jamais. Naïveté qui aveugle l’homme sur le fait qu’il existe toujours un certain nombre d’autres solutions possibles et envisageables voire préférables. D’où des solutions de plus en plus obsolètes, des situations plus en plus désespérées, un inconfort croissant pour l’individu persuadé qu’il n’existe nulle autre solution ; il persiste : IL FAUT INSISTER et il continue à s’enfoncer dans son malheur.
La plupart des proverbes ont leur contraire, c’est là un grand paradoxe.
Il y a toujours une autre raison, cause ou solution que celle à laquelle on pense, arrêtons donc de développer de la paranoïa.

Notre monde est censé être le seul, le vrai, le meilleur, les autres se trompent ! Non ils sont juste différents. Il faut arriver à être accepté tel que l’on est par quelqu’un dont on accepte ce qu’il est.

La pré condition au malheur, c’est la capacité de l’homme à empêcher sa main droite de savoir ce que fait la main gauche. Pour faire son propre malheur il suffit de glorifier et ruminer le passé s’enfoncer dans le regrets ou penser que l’on peut recommencer une histoire terminée, sombrer dans une drogue palliative pour fuir la réalité, et surtout il suffit d’insister et se convaincre soi même en restant dans sa propre paranoïa enfermé dans l’idée qu’il n’y a pas d’autres solutions. Rappelons nous avec Karl Popper qu’une idée, pour peu que l’on s’y accroche avec conviction peut finir par produire sa propre réalité

Toutes ses études tendent à conclure que l’homme est l’artisan de son propre malheur et peut donc tout aussi bien créer son bonheur. L’homme est malheureux car il ignore qu’il est heureux.
Les gouvernements modernes auraient-il grand besoin de l’impuissance et du malheur des peuples pour leur développement économique et leur prospérité ?

La situation est désespérée et la solution désespérément simple.

La règle simple pour que tout aille bien : loyauté, tolérance et confiance.

25.11.2007

Projet Lyon - Gerland 2003 / Les Biotechnologies...

Travail commandé par la Cité de la Création à Lyon.
Thème imposé: les biotechnologies.
fournir une maquette au 1/10è du projet final.
fond vert carton à dessin imposé.
dimension 15 cm * 60 cm imposée.

la Biotechnologie, définition:

technologie visant à provoquer et à diriger, en
laboratoire, des transformations d'une substance organique
en 1 ou plusieurs autres par l'action des micro-organismes,
en vue d'en préparer l'utilisation industriel.

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Réflexion personnelle:
L'Homme, l'être vivant avec le niveau de conscience le plus développé
de la nature sait que toute invention amène du positif et du négatif.
Dans sa course effrénée vers le progrès, l'Homme
devrait savoir mesurer les dangers et devrait placer la morale et
le respect de la vie avant la rentabilité.


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Toile monumentale de 1,5 m par 6 m commandée par la Cité de la Création à Lyon et installée près du Stade Gerland.

24.11.2007

Quelle eau boire?

L’Exploitation irraisonnée :aberrations du système … Hypocrisie ?


Grand paradoxe des eaux minérales : l’eau minérale est-elle un médicament ou un produit de grande consommation ? Nous faut-il une ordonnance pour la consommer ou peut-on la trouver dans tous les supermarchés ?

Les sels minéraux contenus dans les eaux dites minérales sont des petits cailloux dissous dans l’eau sous forme d’ions amorphes très faiblement assimilables par l’organisme qui doit donc les éliminer par diurèse, ce qui augmente les risques de calculs rénaux.

Un rapport très discret de la société des Eaux d’Evian indique en conclusion que moins une eau est minéralisée plus elle est diurétique.

Attention, ne confondons pas eaux minérales en bouteille et cure d’une eau thermale particulière. Il existe différents types d’eau minéralisée qui agissent sur différents problèmes de santé très spécifiques : et ces cures nécessitent une ordonnance médicale et ne doivent pas dépasser vingt et un jours. De plus l’eau consommée par les malades est prélevée directement à la source ce qui lui confère une vitalité qu’une eau stockée en bouteille perd en quelques jours…


L’eau est un nettoyeur cellulaire, un draineur lymphatique, l’eau est surtout bonne pour ce qu’elle emporte et non pour ce qu’elle apporte.
Les apports se font par l’alimentation « solide ». Ce sont les oligo-éléments et les complexes organométalliques qui sont assimilables. L’intermédiaire nécessaire est le végétal, c’est lui qui transforme au second degré les minéraux.

Alors quelle eau consommer au quotidien ?

Celle du robinet, fraîche, tirée chaque jour si vous êtes parmi les rares chanceux qui aient encore accès à une eau de bonne qualité, sinon le seul moyen efficace pour consommer une eau pure est de la filtrer soi même à l’aide d’un système d’osmose inverse. Si vous préférez acheter l’eau en bouteille (mais c’est plus cher et moins efficace), préférez les eaux de sources aux eaux minérales surdosées en sels minéraux. Sachez que vous trouvez les renseignements concernant cette minéralisation très facilement sur la bouteille, il suffit de lire le nombre en mg des résidus à sec à 180 degré, il doit être inférieur à 150. Les indications sur le pH et sur la résistivité Rh2 sont parfois aussi mentionnées, une bonne eau de consommation doit avoir un pH légèrement inférieur à 7 et un Rh2 compris entre 24 et 28.
Les boissons gazeuses sont à proscrire : outre le problème du sucre, ce sont des boissons oxydantes très néfastes pour l’équilibre du potentiel électrique du corps. Préférer le thé vert avec du miel, ou de l’eau tout simplement.

L'Eau, agir en terrien responsable.

Agir en Terrien responsable…


Quelques données actuelles (2004) Cela s'est aggravé depuis!


La mauvaise qualité de l’eau de consommation est la première cause de mortalité dans le monde.
-22000 personnes meurent chaque jour à cause d’une mauvaise qualité de l’eau consommée !
-5 millions d’enfants meurent chaque année à la suite de l’absorption d’une eau polluée.
-1,2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas l’eau courante.
-2,6 milliards de personnes dans le monde ne sont pas raccordés à un réseau d’assainissement.
Bien sûr ce tiers de la population mondiale est surtout présente en Afrique qui est paradoxalement le continent qui contient le plus de réserves d’eau. Le problème, c’est bien sûr le financement, comme toujours. Mais la solution existe et elle est simple : installer un puit avec une pompe dans chaque village et surtout former la population locale. Il faut donc multiplier les micro expériences.

Selon les engagements pris par Chirac en 1997 au sommet mondial de la Terre,
Selon les engagements pris par le G8 en 2000 pour le troisième millénaire :
En 2015 nous aurons réduit de moitié les problèmes de l’eau et de la pauvreté dans le monde,
En 2025 tout le monde sur cette planète aura accès à de l’eau pure…

Ces engagements sont réalisables financièrement, mais si on les compare au rythme des efforts consentis actuellement par le G8, le FMI et la banque mondial cela ne se réalisera pas avant 2147 !

Afin que les gouvernements tiennent les engagements qu’ils ont pris en notre nom il faut, et c’est une condition sine qua non, leur rappeler ! Leur rappeler qu’ils ne représentent pas uniquement le MEDEF, la Banque Mondiale ou l’OMC mais l’ensemble de la population qui a voté pour eux. L’opinion publique doit se réveiller, sinon les politiciens ne feront jamais rien, leur horizon personnel est trop court, au plus loin c’est la prochaine élection présidentielle. Alors, parlez-en autour de vous, parlez-en à vos élus, plus nous serons nombreux à nous élever plus nous aurons une chance d’être entendus et d’imposer une action à ceux qui nous « représentent » qui décident pour nous et qui dépensent l’argent public. C’est tout de même la population qui possède l’arme absolue : le Boycott.

Dans notre quotidien, par quelques gestes simples nous pouvons aussi contribuer à réduire le gaspillage que font nos grandes sociétés capitalistes de l’eau, cet or bleu, loin d’être inépuisable :

-Prendre une douche (30 l) plutôt qu’un bain (150 l).
-Ne pas laisser couler l’eau inutilement lors d’une douche, d’un brossage de dent, lorsque l’on fait la vaisselle ou toute autre activité qui nécessite ce précieux élément…
-Ne pas laver sa voiture trop souvent.
-Préférer l’arrosage par irrigation que par projection aérienne (70% d’évaporation).

21.11.2007

Biomorphisme:

BIOMORPHISME
Du chaos, de l’aléatoire de l’inconscient et de l’universel dans l’art , et dans la peinture en particulier

Ma peinture est issue d’une recherche sur le rapport entres les lois de l’eau et la genèse du vivant. J’utilise les mouvements et les propriétés de l’eau, des fluides en général.

Diffusion, dispersion, dissipation, dilution, absorption, fractalisation, expansion sont à la base de ma peinture. Je ne cherche pas à reproduire la réalité avec des techniques académiques, j’essaye de comprendre les processus formateurs de la nature. Je progresse à l’aide de divers effets spéciaux, acquis de manière empirique, notés, répertoriés et vérifiés à différentes échelles, par la réitération des mêmes opérations, tel un alchimiste. Ma technique s’affine régulièrement, je fabrique mes propres outils afin de reproduire un même effet à différentes échelles.

La magie de l’eau se mêle au fruit du hasard : il y a une sorte de magie qui s’opère entre les différentes densités de la peinture combinée à l’eau, aux lois propres de l’eau et aux lois physiques. J’utilise cet aléatoire, celui là même qui opère dans la nature, ce fameux hasard, bien maîtrisé et régi par les lois physiques universelles. Les formes qui s’accomplissent jusqu’au séchage complet, sont issues de lois physiques qui régissent les fluides, celles-là mêmes qui concourent à engendrer toutes les formes du vivant.

La diversité est une des règles de la nature. La complexité n’est pas la complication mais la répétition et la combinaison d’éléments simples en structures de plus en plus complexes. La nature dans son ensemble est régie par une harmonie mathématique (nombre d’or, nombres de Fibonnaci et de Lucas, les fractales…). De l’état microscopique à l’état macroscopique, on retrouve des similitudes de formes. De l’infiniment petit à l’infiniment grand : minéral, végétal, animal, humain tout ne fait qu’un et obéit à quelques lois physiques.

C’est en considérant l’ensemble des phénomènes que l’homme aura les meilleurs chances de comprendre ce monde et de prendre les bonnes décisions.

Une méthode empirique continûment appliquée, en englobant tout ce qui est accidentel, parcourt vraiment dans sa totalité le cercle qui la limite, et se propose au théoricien, lorsqu’il a la vue claire et le cœur loyal, comme un tout hautement achevé. Goethe

Le biomorphisme rappels historiques

Alfred Cort Haddon utilise le mot « Biomorphisme » pour la première fois dans son ouvrage « Evolution in art » publié en 1895. Le Biomorphisme est une tendance artistique qui se manifeste au cours de la première moitié du XXe siècle, il ne désigne pas un groupement artistique, il n'a eu ni chef de file ni manifeste.Les œuvres de cette tendance ont l'aspect de la vie, elles sont dotées de formes végétales, animales ou humaines. Visuellement les courbes et les lignes souvent irrégulières sont omniprésentes et marquent le changement; les œuvres abstraites précédentes étant plus rigides et orthogonales.Le biomorphisme traverse l’art abstrait du 20e siècle, et se pose très rapidement comme une alternative à une géométrisation du plan. Le biomorphisme, reste attaché à l’abstraction et à la construction de la forme, introduisant les données référentes d’assimilation de la forme à des figures préexistantes, relevant ou non d’une imagerie scientiste, et des données de construction du tableau qui restent affirmées dans la démarche de l'artiste

Le design a aussi utilisé des formes rondes, molles, gonflées, des "éléments cellulaires"... C'est ce que l'on appelle la tendance biomorphe organique...
Elle se traduit par la volonté de rompre avec l'école de l'angle droit, pour, via les nouvelles technologies et les nouveaux matériaux, explorer un champ nouveau de création.C'est un nouveau visage du design, une nouvelle poésie qui s'inspire de l'enveloppe charnelle du corps, des animaux, du monde aquatique... pour figer quelque chose de l'ordre du naturel, visible ou invisible, des ondes, des fluides, des courants d'air. Certains meubles rappellent un mouvement écologique des années 70, le bio design, pour lequel la perfection des formes était présente dans la nature. Aujourd'hui, il a évolué vers une conception plus "éco-responsable" : le "bio-mimétisme". L'idée est d'arrêter de se fournir dans la nature pour plutôt s'inspirer d'elle.

Croissance et forme d'après D'Arcy Thompson

Caractériser le concept de forme, c'est en souligner la complexité intrinsèque. D'un côté, la forme est limite, contour, visibilité d'une surface, aspect mouvant et varié ; de l'autre, c'est la manière dont les parties s'harmonisent dans leur ensemble, coexistent et se structurent. La forme peut être considérée dans son aspect sensible ou être conçue comme idée formelle, impliquant un modèle, un dessin, un type. Quand elle individualise un organisme vivant, la forme est conçue comme structure mobile, comme phénomène changeant et complexe. Cependant, la forme peut aussi être interprétée comme le résultat de l'action de lois physico-chimiques conçues mécaniquement et être ramenée à des déterminations géométriques. Inconnaissable dans sa nature intime, mais identifiable clairement comme effet d'une cause cachée, la forme est définie comme le simple résultat de forces.

La morphologie, donc, emprunte sa méthodologie, quoique de façon sélective, à d'autres domaines de recherche.
Ce qui précède est, en résumé, la position de D'Arcy Thompson qui, en utilisant un procédé spécial, fournit une identification mathématique et visuelle précise des formes du vivant.

D'Arcy Thompson développe l'idée d'après laquelle la nature s'accroît, se déforme sur la base d'un modèle fort précis. Les formes de la nature deviennent des objets de la mathématique, étudiés et visualisés avec les instruments classiques de l'analyse géométrique.

D'Arcy Thompson tente de ramener la variété infinie des formes à un schème général, il est intrigué et profondément frappé par la régularité et par la répétition des événements naturels. Son but n'est pas de vérifier qu'en ce lieu et à cet instant tel événement a eu lieu, qu'en ce lieu et à cet instant telle forme se dresse devant lui, mais de rechercher les conditions qui ont donné lieu à cet événement, les conditions qui ont déterminé cette forme. Le problème est de comprendre si, dans les mêmes conditions, le même événement ou la même forme se manifestent, ou bien comment ils varient avec les conditions. Le but de sa recherche n'est pas l'examen d'une seule donnée, d'une seule forme, c'est la règle par laquelle ces événements doivent se répéter, règle qui doit être générale et universellement applicable au monde organique aussi bien qu'au monde inorganique.

Pour cette raison D'Arcy Thompson fut parfois accusé d'être beaucoup trop géomètre dans sa manière de penser, par sa détermination à voir des régularités élémentaires là où une personne sans imagination n'en aurait pas vu : les sphères qu'il voyait n'étaient pas tout à fait sphériques, les polygones pas tout à fait réguliers, les transformations pas tout à fait orthogonales, la trabécule osseuse une représentation imprécise des lignes de forces.




Cependant, d'après D'Arcy Thompson, la réduction du qualitatif au quantitatif quoique incomplète et jamais définitive, n'exclut pas que la nature agisse en ingénieur et que, dans ses constructions, elle tienne toujours compte, dans ses calculs, de toutes les composantes mécaniques et de toutes les forces agissant sur l'objet qu'elle est en train de façonner.

Simplicité et beauté mathématiques semblent représenter l'idéal "esthétique" de D'Arcy Thompson. Le nombre, la correspondance et surtout la symétrie, que le miracle naturel continue de nous proposer, semblent être le résultat de l'admirable intervention d'un grand artiste. La nature s'exprime en termes mathématiques et les formes sont des nombres, des structures simples, réductibles à un petit nombre de formules élémentaires. Cependant, cet "idéal esthétique" apparaît comme ce qu'il y a de plus loin de l'"esthétique" conçue comme théorie de la sensibilité. Le complexe, le qualitatif, la forme dans sa multiple variété, sont complètement effacés par D'Arcy Thompson, dans la perspective d'une rigueur mathématique certes fascinante, mais qui tend néanmoins à réduire au simple géométrisable cette complexité irremplaçable sur laquelle l'esthétique - du moins sous plusieurs aspects - semble encore vouloir se fonder.

d'après Maddalena Mazzocut-Mis, alliage, n22 1995